VOYAGES

A quoi ressemble une journée d’humanitaire en Inde ?

En Inde depuis un peu plus de 3 semaines, des habitudes se sont installées dans mon quotidien. A quoi ressemble une journée type lors d’une mission humanitaire ? 

 

MATIN :

6H30 : 


Le matin, je me réveille en général vers 6h30. Je dors avec des boules quies, sans quoi je serais réveillé bien plus tôt ! Le réveil de la famille sonne automatiquement à 4H55 le matin dans la chambre d’à côté.
Sohba, la mère de famille, est celle qui se lève en premier, s’occupant dans la cuisine.
Rakesh, son mari, reste au lit jusqu’à 6h, et leur fils Benjamin se lève vers 6h45 (même pendant ses vacances !)
Bon, conclusion : ici il faut être du matin !

 

7H :

 

Sohba sert le petit dej’ dans ma chambre, je mange sur le lit. C’est très souvent… salé : Une omelette aux légumes, les restes du repas de la veille, ou plus rarement, des petits gâteaux sucrés.
Au début, je m’acclimatais très bien au régime alimentaire. Aujourd’hui… Je n’y arrive plus ! Un matin, j’ai même dû refuser pour la première fois le reste de pommes de terre et de légumes, le tout épicé et accompagné d’un thé. Non, je ne pouvais pas, j’avais même du mal à supporter l’odeur. La nourriture est très bonne, mais j’arrive juste un peu à « saturation » des saveurs indiennes.
Oh… Une baguette ? de la confiture ? Un pain au chocolat ? J’en rêve tellement !

Ensuite, je me prépare dehors au lavabo extérieur. Bon, la douche au seau d’eau, je la zappe assez souvent, préférant plusieurs douches le weekend quand je prends un hôtel à Delhi. (Une vraie douche avec de l’eau chaude, grand LUXE pour moi ! ahah)

 

7H50 :

Le rituel habituel : à 3 sur la moto sans casque. (Benjamin quant à lui est déjà parti pour le collège). Il y a du monde, ça klaxonne, ça grouille de partout, et nous voilà partis à l’école.

 

8H :

On ouvre l’école avec Sohba, puis elle fait souvent un peu de ménage pendant que moi j’efface le tableau et prépare mon cours de la matinée.

 

8H30 :

 

Les enfants arrivent, ils font une première prière dynamique et chante l’hymne national.
(J’avais d’ailleurs déjà développé mon premier cours en Inde : ici )

La plupart du temps je commence par corriger les devoirs avant de faire 1h30 de maths, puis j’enchaîne sur l’anglais.


12H :

 

« Lunch time ». Les enfants mangent dans leur « lunch box » qu’ils ont ramenée avec eux.
Certains enfants ne mangent pas. Ce n’est pas par choix.


Honnêtement, je porte un regard triste sur cette situation, sur cette scène à laquelle j’assiste tous les jours. Mais je ne peux pas faire grand chose. C’est là que je réalise la chance que l’on a en France, pour une grande majorité, de manger à notre faim.
Cette semaine je compte leur apporter des bonbons. Ca ne remplacera pas un repas bien sûr, mais si ça peut leur faire plaisir, ça sera déjà une bonne chose !

 

13h :

 

Rakesh vient nous chercher, Sohba et moi, puis nous rentrons en moto à la maison. 
Sohba s’enferme dans sa cuisine et généralement je mange vers 14h, dans ma chambre. 

 

 

L’APRES-MIDI :

Alors c’est assez vague !
Plusieurs options s’offrent à moi : 

  • Repos ! Le rythme de 6h du mat’ + les cours, il arrive que je reste dans ma chambre le reste de la journée, à bouquiner, me reposer, faire ma lessive à la main ou écrire un article pour le blog 😉 
  • L’orphelinat : je vais des fois à Aanchal Chhaya, qui se trouve à 1h de route dans le sud. Sur place je reste avec les enfants, je joue de la guitare, j’observe. (Je développerai prochainement un article sur cet orphelinat, qui croyez-moi, m’a retourné le bide la première fois où j’y ai mis les pieds). 
  • Aller faire un tour à Faridabad, voir la vie de quartier, une vie réelle, très loin des lieux touristiques. 

 

Finalement, je vis à “l’indienne”.
Je ne suis pas un touriste ordinaire. Je ne suis pas en vacances, à faire ce que je veux, quand je le veux. Il y a des règles, des heures pour les repas, et même si j’avais la liberté de sortir le soir (Pour aller où d’ailleurs ?), je suis à 1H30 de Delhi ! Donc je ne le ferai pas, car pour se lever si tôt le matin, il vaut mieux se coucher à l’heure des poules ! Enfin, je parle en mon nom et les 8 heures de sommeil dont j’ai besoin ! 🙂

 

On pourrait culpabiliser des fois, comme j’ai pu faire au début : venir en Inde et rester enfermé dans une chambre sans fenêtre certains après-midi ? Oui, en effet.
Mais finalement, le but n’est pas de « tout faire », « tout voir ». C’est aussi de se reposer, observer et comprendre.
Même si des fois les choses semblent répétitives, c’est beaucoup de détails que je découvre, des détails qui n’existent pas pour les « touristes » qui ne restent pas assez longtemps pour comprendre le mode de vie indien.
Mais attention, soyons clair, l’humanitaire et un voyage « touristique » sont deux choses complètement différentes, et il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de voyager : tout dépend des envies de chacun et des objectifs que l’on se donne. 

Est-ce que mes articles vous donnent envie de jeter l’ancre… dans le domaine de l’humanitaire ? 🙂
Laissez votre avis dans les commentaires et n’hésitez pas à répondre au sondage ci dessous !

 

Seriez-vous tenté par l'humanitaire ?

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