HUMANITAIRE

Comment savoir qu’une organisation humanitaire est sérieuse ?

Bien choisir sa mission de volontarisme. J’avais déjà fait un article sur le sujet, mais, je me permets de revenir sur dessus à la suite de la diffusion d’un documentaire d’Envoyé Spécial le 25 mai 2017 : « Avec les meilleures intentions du monde » 
Quelle est la différence entre “volontarisme” et “volontourisme” ?

Comme je l’avais expliqué, lorsque j’ai voulu être volontaire en Inde dans une école et un orphelinat, j’ai connu bien des surprises par ce qu’on appelle le « volontourisme ».  (Article : Comment choisir son organisme humanitaire ?)
Des organismes qui proposent des « programmes » à la carte :
Orphelinat en Inde, professeur dans une école au Vietnam, aider des éléphants au Sri Lanka, construction au Népal, bref, c’est un vrai choix qui s’offre à vous !
Peut-être alléchant à première vue, c’est une vraie catastrophe qui se cache derrière ces ONG, et autres associations de bonne conscience !

Alors, si vous souhaitez faire de l’humanitaire, ne tombez pas dans ce piège avec les entreprises comme « Glogalong » « Projects Aborad » , « We are Bamboo ».

Je vous invite à regarder le reportage d’Envoyé Spécial : « Avec les meilleures intentions du monde » qui met en lumière les abus des « entreprises », car il n’y a pas d’autre mot, souhaitant faire de l’argent sur la misère du monde.

Comment savoir qu’une association est sérieuse ? 

  • Club de vacances ? Si vous avez l’impression de choisir un séjour « Club Med » quand vous cherchez votre organisme humanitaire, vous êtes au mauvais endroit. Sarah, la présidente de l’association « Reach For The Moon » avec laquelle je suis parti, m’avait expliqué lors de ma rencontre avec elle : «  sur 10 demandes de séjour humanitaire, je refuse 9 personnes ». Elle m’avait expliqué : « Souvent il s’agit d’étudiants qui veulent rajouter une ligne à leur CV. Mais ils ne  sont souvent pas prêts à vivre ce que les missions proposent ». 
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  • Compétences : Alors c’est vrai que je ne suis pas professeur, mais Sarah a jugé que j’avais les capacités pour apporter mon expérience aux enfants de son école.  Sarah m’avait demandé un mail de présentation et de motivation, ainsi que mon CV. C’est aussi important qu’on vous choisisse pour des compétences que vous pouvez avoir. Je pense d’ailleurs, que je suis parti avec quelques lacunes  comme j’avais pu l’expliquer, en maths notamment. (Article : Mon premier cour en tant que prof en Inde). Mais je peux vous le dire avec l’expérience : sur le terrain on rectifie vite le tire ! Et cela aussi est important : savoir s’adapter très vite, et avoir conscience que ce sont des humains que l’on a en face de soit. Ce n’est pas juste un centre de vacances.
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  • Le temps de la mission : J’ai fait un bon mois en tant que professeur dans une classe en Inde. Et c’est le minimum ! Un mois c’est déjà assez court, mais finalement, ça laisse aussi le temps d’apporter un petit enseignement avec un suivi, et surtout voir des progrès ! (Comme j’ai pu vous le raconter  avec l’article “Les cours dans une école Indienne“).

 
 
Quand on voit dans le reportage d’Envoyé Spécial, des personnes qui viennent 4 matinées donner des cours à des enfants Cambodgiens, c’est évident que ça n’apporte pas grand chose ! Il n’y a strictement rien de constructif là dedans.

L’éducation est une chose, mais ce que j’ai découvert sur les orphelinats au Népal m’a horrifié !
Comme on le découvre dans le reportage « Avec les meilleures intentions du monde », il y a un trafic d’enfants au Népal pour remplir les orphelinats d’enfants… Des trafiquants qui proposent de l’argent à des familles pauvres, et leur proposent de prendre soin de leurs enfants en les envoyant dans des écoles à Katmandou.

Finalement, ces enfants se retrouvent dans un orphelinat, on leur bourre le crâne en leur faisant oublier leur passé… Et les parents n’ont plus le droit de voir leurs enfants ! L’objectif est de remplir des faux orphelinats. Une fois l’orphelinat bien plein, des volontaires viennent offrir leur aide aux enfants et payent des sommes assez volumineuses !
Comment peut-on en arriver là ? 

Après plusieurs mois en Asie, je suis retourné en Inde. Sarah de l’association m’avait donné une dernière petite mission avant mon retour en France. Elle voulait que je retourne à Faridabad en banlieue sud de New Delhi, afin de rencontrer un couple d’ami Indien qui venait de créer une nouvelle école et une clinique.

Plusieurs bénévoles, pour beaucoup français, viennent aider dans une autre clinique (souvent dans le cadre d’un stage dans le domaine médicale).
Elle m’a demandé de prendre des photos et d’observer.

Pourquoi cette demande ?

Sarah se demandait pourquoi cette nouvelle clinique et nouvelle école ont été créés dans la même zone que d’autres structures humanitaires.
Elle voulait justement s’assurer qu’il y a une utilité derrière ces structures ! Que ce ne soit pas juste des ramasses touristes, pardon bénévoles, et que la finalité ne soit pas financière. Ce qui ne semblait pas le cas après avoir pris le temps d’observer le lieu.

Si vous décidez de tenter l’expérience du volontarisme, ne tombez pas dans les pièges du volontourisme, et faites le pour les bonnes raisons. Prenez le temps de trouver le bon organisme ! Ca demandra un peu de patience et de persévérance !