VOYAGES

La rencontre avec Isabelle et Doris : deux femmes backpackers !

Lors de mon voyage en Inde, j’ai eu la chance de faire beaucoup de rencontres. Des soirées mémorables au Vietnam, des personnalités locales incroyables aux Philippines, mais aussi des « traveller solo » ou backpackers !

A mon retour en Inde après avoir découvert plusieurs pays d’Asie, j’ai eu la chance de rencontrer totalement par hasard deux jeunes femmes. Nous étions sur la terrasse de notre hostel, « Moustache », au coeur de Jaipur dans le Rajasthan.
Doris et Isabelle venaient de se rencontrer dans le dortoir, et cherchant de l’ombre sur la terrasse, elles m’ont demandé si elles pouvaient s’assoir à ma table. Le courant est de suite passé, et nous avons réalisé que nous avions beaucoup de choses en commun. Notamment la raison de ce voyage. Je me souviendrais toujours de Doris qui m’expliqua :

« C’est notre société de consommation tout confort dans laquelle on vit, qui nous pousse à sortir de notre zone de confort et aller trouver la simplicité et la sincérité ailleurs ».

On était d’accord, si nous avions chacun quitté le Canada (Pour Isabelle), la Belgique (Pour Doris), la France, c’était pour cette raison : aller plus loin dans la vie, grandir.

Nous avons eu la chance de se suivre sur certaines étapes, et passer des soirées ensemble, dans des endroits magnifiques. Elles ont continué leur route ensemble jusqu’au Népal, avant de se séparer. Chacune ayant un itinéraire différent !
Ce sont deux femmes fortes qui ont fait le choix de partir seules au bout du monde, et je ne peux que respecter ce choix, pas évident, surtout en Inde !
J’avais très envie de vous faire partager leur point de vue, et peut-être vous donner envie de faire comme elles : prendre votre vie en main et vivre l’impossible ! 


Quel est ton itinéraire ? Pendant combien de temps ? 

DORIS :
Je pars un an et je vais traverser 11 pays: l’Inde, le Népal, la Mongolie, la Thaïlande, la Birmanie, le Japon, la Bolivie, l’Argentine, le Chili, le Pérou et la Namibie. 

ISABELLE :
Je pars 6 mois ! Mon itinéraire n’était pas tracé au départ. Je savais que je souhaitais rester 3 mois en Inde.


Qu’est-ce qui t’a poussé à tout quitter pour voyager ? 

DORIS :
Je ne trouvais pas vraiment de sens à ma vie et je ne me sentais pas utile dans le mode de vie dans lequel j’étais. J’en avais marre du matérialisme omniprésent et j’avais envie d’aller voir ailleurs comment cela se passait. Je voyais mon projet comme une grande bouffée d’air salvatrice, j’avais besoin de me retrouver.

ISABELLE :
J’avais besoin de changement dans ma vie. Un besoin de sortir de ma zone de confort et l’Inde s’est imposée à moi. je devais quitter mon emploi et partir seule en Inde prendre soin de moi.


Quel âge as-tu ? Que faisais-tu comme métier avant de partir ?

DORIS : J’avais 26 ans au moment du départ. Je travaillais dans un service clientèle.

ISABELLE : 46 ans. Adjointe de direction dans une agence de pub.


Qu’est-ce que voyager t’apporte ? 

DORIS :
Une liberté inaccessible dans la société occidentale, des découvertes quotidiennes d’endroits, de gens et sur soi, une ouverture d’esprit et l’opportunité de remettre en question les modèles qu’on nous inculque depuis tout petit et qu’on prétend être les meilleurs. 

ISABELLE :
Le voyage m’a permis de prendre du recul face à ma vie et surtout de m’arrêter. J’ai rencontré des gens qui m’ont fait cheminer. Créé de belles amitiés.


Et qu’est-ce que cela t’apporte de voyager seule ? 

DORIS :
Un grand challenge, beaucoup de liberté, une plus grande facilité à rencontrer des gens et la possibilité de me retrouver face à moi-même, à mes forces et à mes faiblesses.

ISABELLE :
Voyager seule m’a permis de me poser les questions sur ce que je souhaite vraiment. je réussis tranquillement à me retrouver comme personne. 
Lorsqu’on voyage seule, les locaux interagissent différemment avec nous. Nombreux Indiens ont été là pour m’aider. J’ai vécu beaucoup de générosité de leur part. De plus lorsque nous voyageons seuls, nous avons la possibilité de changer nos plans à la dernière minute. Mais évidemment, il y a des journées où je me sens un peu seule et j’aimerais avoir une autre personne pour me motiver et partager un bon repas !


Quel est ton plus fort souvenir depuis que tu es partie ? 

DORIS :
Le lever de soleil sur les Annapurnas au Népal après une ascension très physique.

ISABELLE :
Lors d’un trek au Népal, il pleuvait et on était un peu perdu. On a demandé à une famille si elle pouvait nous héberger pour la nuit avec un repas. J’ai été vraiment touchée par cette famille. Émue par l’amour et la joie qui les unissaient. Ils avaient l’essentiel. Ils étaient heureux. 


Quel est ton plus mauvais souvenir ? 

DORIS :
Le trajet de 12 heures en bus sur cette horrible route de la frontière indienne à Katmandou et l’arrivée au milieu de la nuit. Un trajet que je faisais avec Isabelle d’ailleurs ! 

ISABELLE :
Pareil ! Un trajet qui devait prendre 6 heures et qui a pris 12h. Un trajet des plus long. Le bus s’arrêtait constamment. Les routes étaient en mauvais état. On est arrivé à Katmandou à 1h30 du matin, épuisées. 


Regrettes-tu ta vie d’avant ? 

DORIS :
Pas du tout, et j’espère ne pas retomber dans les mêmes “travers” à mon retour.

ISABELLE :
Je n’ai pour l’instant jamais regretté ma décision de tout quitter pour mieux me retrouver.


Sur une échelle de 1 à 10, à combien résumes-tu le niveau de changement personnel ? (10 étant un changement très fort !) 

DORIS :
Peut-être 3. Je n’ai pas l’impression d’avoir beaucoup changé. Je pense plutôt que le voyage me permet de découvrir des parts de moi que je n’avais pas l’occasion de voir dans ma vie précédente, mais qui étaient déjà présentes. En les découvrant, c’est comme si j’avais la sensation qu’en fait, je savais déjà qu’elles étaient là. Je pense que ce sont ces parts qui m’ont poussée à partir.

ISABELLE :
Difficile de répondre à cette question pour encore… 


Quels sont les changements que tu ressens sur toi depuis que tu voyages ? 

DORIS : Encore une fois, je ne pense pas avoir tellement changé. Mais le voyage me permet de mieux m’écouter, d’être plus en phase avec moi-même et de faire attention aux choses qui comptent pour moi. J’ai toujours détesté devoir me dépêcher et un des piliers de mon voyage est de prendre le temps. J’ai donc le loisir de choisir des options plus lentes, plus écologiques et/ou plus humaines dans mes activités, mes déplacements etc… Alors que dans ma vie d’avant, tout devait aller vite car je n’avais pas le temps pour grand chose.


Penses-tu au retour ? Et sais-tu ce que tu souhaites faire ? 

DORIS :
Tous les jours, je pense. Je suis curieuse de voir comment sera ma vie à mon retour et j’ai envie de mettre des choses en place pour ne pas retomber dans mon mode de vie précédent, donc ça m’arrive même de noter une activité, un conseil que j’ai reçu ou une leçon que j’ai apprise et que je veux instaurer dans mon futur quotidien. Pour le moment, j’ai une idée assez précise de ce que je veux faire mais j’en ai déjà eu plusieurs depuis mon départ donc c’est encore susceptible de changer  

ISABELLE :
Je pense à mon retour depuis le 3e mois. J’aimerais par exemple, faire des ateliers d’art. Je réfléchis aussi à un futur emploi mais je ne suis pas encore rendu là ! Je pense aussi aux gens que j’aurai plaisir à revoir. Et je me pose également des questions sur comment mon voyage m’aura changé. Je sais que j’ai besoin de retourner chez moi pour assimiler le tout  afin de faire les changements souhaités. Mais je suis assez optimiste, tout ira bien.


Que représente le voyage à tes yeux ?

DORIS : 
Une bulle d’air et une grande école de vie. C’est la possibilité, à certains moments, de se centrer sur soi-même, d’apprendre à se connaître et à être bien avec soi, et à d’autres, de se décentrer, d’arrêter de penser à son bien-être personnel, et de s’ouvrir à l’Autre et au monde. C’est la chance de prendre du recul sur notre mode de fonctionnement occidental, et accueillir et valoriser la différence.

ISABELLE :
Le voyage représente la liberté de choisir. Je voyage afin de nourrir ma curiosité culturelle. J’aime observer les gens vivre. C’est pourquoi j’aime particulièrement prendre le train et les bus locaux en Inde afin d’échanger directement avec les locaux et être témoin de la notion de partage qui existe entre eux, observer leur façon de vivre. En voyage, on a pas d’âge, pas de statut, on est tout simplement un étranger ou je devrais spécifier un “traveller” !!! Partir à l’étranger pour moi c’est me sortir de mon quotidien c’est une façon de me ressourcer et c’est le plus beau cadeau que je puisse me faire. Et ma passion c’est voyager ! Donc, je repartirai dans le futur c’est évident, la formule sera sûrement différente mais j’ai encore beaucoup de pays à découvrir sur ma « bucket list. »


Et financièrement… C’est forcément une question que beaucoup de personnes se posent. Comment fais-tu ? 

DORIS : 
Alors… ce n’est pas sûr que ça apporte vraiment aux lecteurs et aux futurs voyageurs… Mais j’ai déjà beaucoup économisé avant le départ, et j’ai aussi la chance d’avoir des parents supers chouettes qui croient en mon projet et donc m’aident aussi pour une partie. Je n’ai pas d’idée sur le budget pour 1 an… J’ai tablé sur 15 000 euros parce que c’est la moyenne constatée pour un tour du monde d’1 an, mais je ne sais déjà plus combien j’ai déjà dépensé pour la préparation du voyage. Je ferai les comptes en rentrant. Par contre je fais très attention, tout le temps, je ne flambe pas quoi ! 

ISABELLE :
Je choisis des destinations pas dispendieuses et je fais attention à mes dépenses. Budget de “travellers” et non pas de vacances ! Mais bien sûr à l’occasion, je me gâte en fonction de mes goûts perso et du moment. Par exemple en Malaisie, je me suis payés de bon repas de poissons sur le bord de la mer… Miam ! Mais les personnes peuvent préparer leur enveloppe budgétaire pour leur aventure dès aujourd’hui en économisant de l’argent. Prévoir un budget par jour en fonction de leurs besoins (chambre seule, dortoir, catégorie d’hôtels et de restos, activités, destinations, transports, etc…) Et n’oubliez de partir léger ! On apporte toujours trop de choses !


Que dirais-tu à quelqu’un qui n’ose pas se lancer dans l’aventure d’un voyage comme le tient ?

DORIS : 

C’est difficile à dire. Bien sûr, je lui dirai d’abord de foncer et qu’il/elle ne le regrettera pas. Mais je pense aussi que si la personne n’est pas sure de s’en sortir toute seule,  il vaut mieux y réfléchir à deux fois. Ce ne sont pas des vacances et ce n’est pas toujours facile. Maintenant, le budget et des pays influencent beaucoup le choix : selon ses moyens, le niveau de sécurité et de confort va varier. Et puis il y a des pays plus faciles que d’autres. Si la personne ne se sent pas sûre, je lui dirais de commencer par des pays faciles comme les pays Européens, la Thaïlande ou l’Australie, pour prendre confiance en elle.

ISABELLE :
Je lui recommanderai fortement de partir. Mais faîtes le faire pour vous et non pas pour copier vos amis. Et n’oubliez pas, vous n’êtes pas obliger d’aimer. Vous avez le droit de rentrer chez vous sans vous juger. À chacun son type d’aventure !
 

 

Retrouvez  le blog que tient Doris pour son tour du monde : https://www.myatlas.com/DoDeHitsTheRoad