VOYAGES

Les après-midi dans un orphelinat indien : sourires et guitare !

Bon, si la première fois m’avait choqué à Aanchal Chhaya, la deuxième impression s’est révélée très différente…
Au menu : chansons, sourires, guitare, danse et…. drague ! 

Situé au sud de Delhi, à 75km, je vous passe encore les détails et les petites galères pour arriver à Aanchal Chhaya en rikshaw. 

Pour cette deuxième fois, j’y vais un dimanche. Sarah de l’asso m’a bien dit que c’est un jour où ils n’ont pas école, et souvent c’est un jour un peu « mort » où ils s’ennuient.
Beaucoup de sourires et de « Hello » quand je pénètre dans l’enceinte de l’orphelinat. Aujourd’hui, j’ai la surprise de découvrir les filles qui se préparent pour la journée nationale « Republic Day ».
De suite, l’une d’entres elles me place sur une chaise pour les regarder danser. Une danse indienne évidement ! J’adore cette atmosphère, la musique, cette joie de vivre qu’ils dégagent tous ! On me propose un « white tea ».

J’ai ma guitare avec moi, ce qui attire les regards.

Un des orphelins vient me voir et me demande de venir au dortoir des garçons pour jouer. Je finis de regarder les filles, j’arrive au bâtiment des garçons.
Ils sont tous souriants, ils sont autour de moi et m’accompagnent dans la chambre. Je ressens tellement de curiosité de leur part !
Dans le dortoir on me demande de m’assoir sur un des lits. Autour de moi, une quinzaine d’ados me regardent. On échange 2, 3 phrases  : « What is your name ? » « Are you a musician ? »
La communication est difficile, mais ce n’est pas grave. Très vite ils demandent : « Play, play, play ! The guitar, play ! ».

Je commence alors à jouer plusieurs chansons : « Follow River » de Lykke Ly, «Paris Seychelles » de Julien Doré, « What a wunderful world » de Louis Armstrong.
Ils sont sages, ils ne disent pas un mot, ils regardent, ils sourient.

L’un d’eux Sunil, semble avoir un fort caractère, il se débrouille en anglais et veut apprendre. Il prend ma guitare, il essaye. Il fais vibrer les cordes, c’est faux, et chante en Hindi.

 

 

Ils me demandent d’autres chansons, je leur fait un de mes titres, avec des « Oh oh », et très vite ils se mettent tous à chanter, certains dansent.
Après les garçons, c’est au tour des filles !

Les filles sont moins « sages » ! Elles sont surexcitées, elles veulent toucher la guitare, la porter, elle veulent des photos. L’ambiance est top, l’énergie est bonne. Je chante, elles parlent, elle chantent, elle dansent. Mais il faut être prudent, les plus jeunes filles ne voient pas qu’une guitare peut-être fragile !
Elles me dévisagent pour certaines, elles sont séductrices, elles me font des compliments. 

On me propose du gâteau, comme la première fois. Honnêtement, je refuse… Déjà je n’ai absolument pas faim, et les gâteaux indiens sont vraiment pas à mon goût ! C’est crémeux ! Mais crémeux… écoeurant !

Lors d’une mes autres visites, je rencontre davantage un garçon : Jogesh Kumar.
Je n’ai toujours pas trop compris ce qu’il fait là : il dort sur place, il a 21 ans, mais a fini ses études. Il semble s’occuper des garçon, sorte de « caretaker ».
Il me propose de m’assoir au milieu de la cour. Il parle très peu anglais, c’est vraiment des bases. On tente de communiquer : « How old are you ? » « Where are you come from ? ».
« Brothers ? Sisters ? ».
Il a un regard très insistant. Il me dis à plusieurs reprise qu’il me trouve beau, intelligent, qu’il aime mon corps, qu’il aime ma peau blanche. C’est très déstabilisant, car ne pouvant s’exprimer correctement en anglais, c’est des phrases « brutes », un vocabulaire direct et simple.
Je ne sais pas trop pourquoi il me dit tout ça. Ca ressemble à de la drague, mais ayant discuter avec des personnes qui connaissent bien l’Inde, je sais que c’est surtout de l’admiration car je suis blanc.
Ici il y a une sorte de relations étranges entre les hommes : ils se tiennent la mains, se comportent comme des couples pour certains, mais sont pourtant hétéros. Alors, de ce que j’ai compris : en Inde avoir des relations avec une fille ce n’est pas facile, et souvent ta première relation, sera avec celle qui deviendra ta femme.
Du coup les garçons se donnent de la tendresse entre eux… en attendant ! 

 
Jogesh me dit qu’il se trouve moche, pas intelligent et que sa couleur « black » n’est pas jolie.
Je tente de lui expliquer que pour nous en France, être bronzé, signifie avoir bonne mine, et je tente de lui dire que c’est quelqu’un de bien, qu’il a beaucoup de qualités. Je ne suis pas sur qu’il comprenne mon état d’esprit et ce que je lui explique…

Il me propose de faire un cours d’hindi : des phrases simples « ma maman s’appelle Catherine », « je suis Français », « j’habite Faridabad ».
C’est un moment très complice.

Il est bientôt 18h. L’orphelinat commence à s’éteindre, et je comprends que je suis invité à partir. La première fois que j’ai mis les pieds à l’Orphelinat  je voulais rentrer chez moi le plus tôt possible ! Aujourd’hui, on me met presque dehors ! J’ai appris à connaître les enfants, les ados qui s’y trouvent. Et comme pour mes élèves, je m’y attache, je créé des liens. 

C’est des moments à moi, des moments qui resteront dans ma tête, des moments qui ne sont pas calculés.
C’est juste de la sincérité. 

Oui voilà, des moments de sincérité.